|
A propos de mon travail - 2007
Si je travaille actuellement avec le vêtement, c'est parce que le tissu m'est apparu métaphore de la peau et la peinture, comme l'écriture, métaphores d'inscriptions, de tatouages. Il m’est aussi apparu évident que les broderies de nos grand-mères étaient des métaphores de tatouages, de scarifications. Parallèlement aux Robes, j’ai travaillé sur ce que j’ai nommé mes archives familiales : pièces du trousseau de ma grand-mère paternelle ou vêtements d’enfants, accessoires cousus, ornés par des brodeuses pour ma famille.
Je suis intéressée par les sciences actuelles, les techniques nouvelles, mais je choisis - pour l’instant - de travailler avec et sur la tradition, en utilisant les matériaux classiques de la peinture: colle de peau, huiles, essences, pinceaux... La tradition est faite de cette Mémoire nécessaire au présent et à l’à venir. Mémoire individuelle, mémoire collective.
Visible/invisible, montré/caché. Déjà par les gynéglyphes (slips et soutiens gorges peints) je disais signes de femme, mais la femme est ailleurs. Mort et érotisme ? Dans toute peinture, dans toute sculpture, qu’elle soit classique ou actuelle, on peut parler de « corps de l’œuvre ». Ma pensée d’artiste est une pensée incarnée, elle passe par la matière, la chair : l’organique, le chimique de la peinture. Ma volonté de travail lent et en quantité limitée, réduite, est ma façon de signifier que la chair est opaque et lente. Je travaille sur des métaphores du corps et non sur le corps lui-même, m’opposant à Orlan. Pour moi le cru, l’écorchement, etc… ne sont que des illusions de réel. La réalité passe par des successions de voilements et revoilements.
L’extérieur de mes draps (là le cycle de la vie se clôt par l’évocation du linceul) est doré pour reprendre l’or de la tradition qui était – avec le bleu – couleur symbole d’éternité, et pour donner un caractère sacré à l’enveloppe. Les Egyptiens disaient de l’or qu’il était la chair des dieux. A l’intérieur, je trace des dessins qui pourraient être tatouages sur la peau.
Le vide central peut signifier l’âme – comme celle du violon, de la marionnette – et, de toute façon, mes Robes sont comme des nymphes, des chrysalides abandonnées au long des évolutions de l’être vivant. Elles chantent, annoncent l’avènement du féminin, de l’anima en chacun de nous – qu’il soit homme ou femme – pour la sauvegarde de l’Humain qui, pour moi, demeure sacré.
|
Actualités
- > "Nymphes, etc."
du 26 avril au 5 mai Ouvert tous les jours de 16 à 19h samedi : 10 à 12h. Mairie du 1er arrondissement 2 Place Sathonay. • Vernissage le 26 avril à 18h30.
- > "Je t'écris du Japon" - collages
du 23 avril au 4 juin. Ouvert du mardi au vendredi de 13 à 19h, le samedi de 10 à 19h. Espace Lyon-Japon, 16 rue Bellecombe, Lyon 6e. • Vernissage le samedi 21 mai à 18h, dans le cadre des Rencontres franco-japonaises.
|